Le traité sur les pandémies de l’OMS et notre souveraineté en santé

Le Canada ne doit pas signer de renonciation à sa souveraineté en santé, mais c’est pourtant ce que certains dirigeants au Canada essaient de faire. Et il y a une énorme pression partout dans le monde pour nous inciter à le faire.

Un traité international sur la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies (traité sur les pandémies de l’OMS) devrait être signé en mai 2024. Une rencontre des membres de l’OMC s’est tenue en décembre 2021 et une deuxième rencontre est prévue d’ici le 1er août 2022 pour formuler l’ébauche du traité.

Le traité comprend 190 pays et serait juridiquement contraignant. Le traité définirait et classifierait ce qui est considéré comme une pandémie. Il s’agirait de catégories vastes comprenant une augmentation des cas de cancers, de maladies cardiaques, d’AVC, etc. Et si une pandémie était déclarée, l’OMS prendrait le contrôle mondial de la gestion sanitaire mondiale de la pandémie. 

Ce traité aurait de très graves implications pour notre souveraineté sanitaire. Ce traité équivaudrait essentiellement pour le Canada à la renonciation de sa souveraineté nationale en santé au profit de l’OMS en ce qui concerne l’intervention en situation de pandémies.

Je ne suis pas opposée à ce que nous travaillions avec nos alliés partout dans le monde quand vient le temps de combattre une pandémie, mais il existe de nombreuses raisons pour lesquelles le Canada ne peut absolument pas signer ce traité.

D’abord, simplement envisager de signer un traité international avant même d’avoir tenu une enquête sur les conséquences de nos propres mesures d’intervention en réaction à la COVID-19 est insensé. Nous devons tirer des leçons des deux dernières années et établir de meilleures pratiques pour l’avenir.

Ce qui est encore plus inquiétant est que si ce traité est ratifié, l’OMS aura le contrôle total de ce qui sera déclaré une pandémie. Elle pourrait dicter la façon dont nos docteurs peuvent intervenir; les médicaments qui peuvent ou ne peuvent pas être utilisés, ou les vaccins qui sont approuvés. Nous nous retrouverions avec une approche uniformisée à la grandeur du monde. Le Canada est un pays vaste et varié comprenant des différences régionales. Une intervention uniformisée en réaction à une crise sanitaire ne fonctionne même pas pour l’ensemble du Canada, alors encore moins pour la terre entière.

Nous devrions également avoir de sérieuses réserves concernant la modification du rôle de l’OMS. Son objectif initial était de permettre à des nations souveraines de mettre leurs ressources en commun pour aider à combattre la malaria, l’Ebola et d’autres problèmes de santé touchant un grand nombre de personnes dans les pays en développement.

Maintenant, par contre, non seulement son orientation s’est modifiée pour inclure les interventions en cas de pandémie à l’intérieur de nations souveraines comme la nôtre, mais une partie importante de son financement provient de donateurs privés comme la Fondation Gates. Il n’est pas controversé de dire que les donateurs privés ont des intérêts privés.

Les Canadiens doivent être vigilants pour protéger leurs systèmes de santé contre de possibles intérêts privés et pour maintenir leur souveraineté de réaction et d’intervention en situation de pandémie.

Il est vital que le Canada ne prenne aucune part à ce traité et développe sa propre stratégie de pandémie; et qu’il investisse dans ses propres systèmes de santé afin de créer une infrastructure solide de réaction et d’intervention en cas de pandémie.

Pour que le Canada puisse prendre l’initiative de s’opposer à l’OMS et à ceux qui voudraient voir une intervention sanitaire mondiale uniformisée, il faudra de l’audace et de l’expérience.

En tant qu’avocate ayant de l’expérience internationale, je suis bien équipée pour m’attaquer à cet empiétement sur notre souveraineté et protéger ce qui nous distingue, comme l’indépendance de nos systèmes de santé.

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